En quoi Scrum est bien une démarche biomimétique !

Mis à jour : 24 août 2020

Des millions d’espèces constituent des écosystèmes sobres en énergie, sans déchets, tout en étant capables de durer et de s’adapter aux changements. Le tout en ayant massivement recours à l’entraide, phénomène qui traverse tout le vivant, des bactéries aux sociétés humaines. De quoi nous inspirer pour préparer l’avenir ?


Mais quel rapport me direz-vous entre le biomimétisme, les écosystèmes vivants et Scrum ?


Couramment appliqué dans des domaines variés tels que le le sport, l’architecture, l’industrie ou même le design, le biomimétisme consiste à s’inspirer de la nature au sens large (espèces vivantes, écosystèmes…) pour innover ou tout simplement s’en inspirer pour certaines caractéristiques.

Les articles ou documents sur une #biomimétique d’écosystèmes vivants (abeilles, Forêts …) au service du pilotage d’organisation (équipes, entreprises …) ou du travail sont assez rares, mais commencent à apparaître. Voici donc quelques observations, qui n’engagent que son auteur, en l’occurrence moi, mais qu’il ne serait pas insensé de s’appuyer dessus pour les futures et actuelles équipes #Scrum …voir transformations d’organisations !


Faisons un peu de physiographie et regardons si la nature a résolu nos interrogations.

Démarrons… Scrum est basé sur un processus empirique. Oui, mais alors c’est quoi un processus empirique ? C’est un processus qui est utilisé pour le travail complexe où il y a plus d'inconnu que de connu et où les prévisions ont peu de valeur compte tenu du taux élevé de changement et d'incertitude… Étrange me direz-vous… On dirait bien que cela ressemble à certains principes de la nature pour l’optimisation de différents écosystèmes qu'elle utilise depuis des milliards d'années.


Allons un peu plus loin, dans le cadre Scrum, on parle aussi d’équipes pluridisciplinaires qui sont constituées de plusieurs professionnels, aux compétences diverses, complémentaires et adaptées à la particularité de votre situation. Et bien l’écosystème des forêts valide cette démarche. Dans la forêt, la cohabitation des arbres de différents âges est un excellent exemple pour représenter l’évolution de chacun dans chaque équipe Scrum.


Dans l’écosystème des arbres, le principe d’entraide est simple : « Pour assurer ma santé, j’ai intérêt à m’assurer que ceux qui sont autour de moi vont bien » … En résumé donner du bonheur aux autres par l’entraide… Voilà ce que l’évolution a retenu… Et Scrum aussi !!

Une autre leçon du vivant, c’est la centralisation. Quel rapport avec Scrum me direz-vous ? Il nous faut donc, encore une fois, regarder d’un peu plus près les Arbres.


En effet, les Arbres n’ont pas de lieu de centralisation de décision et sont au contraire, comme le dit le botaniste François Hallé, une colonie de bourgeons. Chaque bourgeon prend ses décisions indépendamment et s’adapte aux conditions et perturbations locales assurant ainsi la résilience de l’ensemble.


Ce qu’il faut retenir avec cet écosystème forestier, c’est que le gigantisme centralisé est une stratégie risquée surtout dans des périodes de perturbations. Au même titre que le Guide Scrum, les forêts nous invite à mieux s’organiser en réseau de coopérations par petites équipes, c’est nettement plus souple et plus résilient.


Pour finir, parlons d'auto-organisation. Dans les équipes Scrum, dans l’optique de faciliter, on a besoin de passer par une démarche de consensus. Et bien, les abeilles, comme bon nombre d’insectes sociaux d’ailleurs, « valident » ce processus.


Là aussi, c’est du biomimétisme, pourquoi ? Parce qu’elles exécutent des danses pour décrire les nouveaux sites potentiels et engagent un inlassable débat avec l’ensemble des abeilles de la ruche pour arriver, enfin, à un consensus – un peu de Consensus Workshop - sur le nid choisi. Dès lors que l’adhésion est totale, l’envol est immédiat. L’essaim est piloté jusqu’à la nouvelle demeure et s’y installe sans la moindre hésitation.

Je pourrais encore faire le biomimétisme autour des rôles avec la reine des abeilles qui porte l’objectif de la ruche et ne commande aucunement les abeilles de la ruche (contrairement à ce que l’on a pu « lui faire dire » dans l’histoire) car ces dernières s’auto organisent.

Ne dirait-on pas le rôle du Product Owner qui porte la vision ? Et bien oui la aussi la nature l’a fait avant Scrum !

Vous l'aurez compris , dans le vivant, il n’y pas de système hiérarchique pyramidal ou pseudo-pyramidal … Et je compléterais avec le mot patriarcal. Le système pyramidal ou « pyramido-agile » - comme #SAFe par exemple - ne fonctionne pas bien lorsqu’il y a des perturbations… Et c’est le vivant qui nous le retourne.


L’humain a été le premier être vivant à mettre ces systèmes en place et cela fonctionne quand tout va bien, mais quand le système commence à flancher ça commence à être le « grand n’importe quoi » …


Dans ce contexte, Scrum est donc bien un îlot de résilience, et s’inscrit dans une démarche biomim’agile (démarche biomimétique dans le cadre de l’#agilité), qui doit servir de noyaux dans la transition vers des modèles d’organisations plus simple, plus sobre et plus coopératifs.

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