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[Soyons Vivant] : L'agilité est-elle vraiment une démarche inspirée du vivant ?

Dernière mise à jour : 9 janv.



Que pensez-vous de l'#agilité ? L'agilité permet elle de remettre l'humain au coeur des préoccupations dans les évolutions d'organisations ? L'agilité est elle inspirée du vivant ? Dans la communauté #agile, il est monnaie courante de trouver des articles à charge ou à décharge sur sa mise en oeuvre et son adoption. En grande majorité, les retours d'expériences montrent qu'elle est souvent bien ou partiellement utilisée pour des équipes unitaires mais il y a encore des difficultés autour de la transition culturelle de l'agilité mais aussi une complexité dans l'élaboration de sa mise à l'échelle.


Pour moi, en tant que Coach #BiomimAgile, la mise en place d'un cadre agile se passe principalement dans le contexte de l'évolution au sens large. Pour se faire, je place, en premier lieu, l'évolution de l'humain dans son cadre organisationnel, ensuite l'évolution des équipes et enfin l'évolution des équipes dans l'évolution de l'organisation. Pour évaluer l'agilité - et ses différents frameworks - et savoir si cette dernière est une inépuisable source de créativité (pour les équipes et les clients) et si elle s'inscrit durablement dans une organisation, la Nature devient, dans mon analyse, à la fois un modèle et/ou un mentor.


En tant que modèle, elle s’inscrit également comme garde-fou du comportement humain dans son écosystème afin de relever les défis du développement social, environnemental et économique. On appelle cela le concept de biomimétisme (utilisé pour la première fois sous son sens contemporain par Connie Lange Merrill dans sa thèse de1982 ). Cette démarche consiste à s'inspirer des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes afin de construire, dans notre cas, des organisations agiles durables et innovantes.


De quoi nous inspirer pour "diagnostiquer" l'agilité ?

Pour notre réflexion du moment, nous allons nous inspirer du troisième niveau de biomimétisme qui est celui d'écosystèmes. Il est le plus approprié pour permettre une exploration organisationnelle et (éco)systémique. Pour y parvenir, j'analyse le fonctionnement de l'organisation en m'appuyant sur “les 16 principes du vivant”.


Les articles ou documents sur le #biomimétisme d’écosystèmes au service d’organisations ou d'équipes se font plutôt rares, mais commencent à apparaître. Pourtant, nous croyons qu'il est important d'observer, voir de s'inspirer, de ce que fait le vivant et qu’il ne serait pas insensé de s’appuyer dessus pour les futures - et actuelles - équipes #agiles, #Scrum, #Safe … voir même pour penser les évolutions d’organisations #agile !


L'Empirisme


Démarrons la réflexion et repartons de l'évolution du vivant et plus précisément de la théorie darwinienne de l’évolution. L'évolution est, selon moi, la version naturelle de l'empirisme. De petits changements (ou adaptations) sont relâchés dans la nature pour voir s'ils sont viables. Les espèces avec des adaptations viables survivent et, après inspection, parviennent à transmettre (donc donner de la transparence) ces changements à leur progéniture. Le reste s'éteint et se fossilise (c'est l'apprentissage d'un test infructueux et n'est pas sans rappeler le fameux "Test & Learn" du #lean et de l'agilité).


Compte tenu de tout cela, il est toujours surprenant de voir comment l'évolution a conduit à tout ce que nous voyons dans la nature aujourd'hui. Pour moi, cela souligne à quel point la nature est incroyablement efficace et m'amène à dire que l'empirisme est un raccourci vers l'intelligence !


L'empirisme est partie intégrante dans l'agilité (et est un des piliers dans #scrum) et je considère que c'est le moyen d'apprendre pour les équipes agiles de leurs expériences. Cela peut aider aussi, à mon sens, les équipes à prendre des décisions basées sur leurs propres observations et donc de renforcer l'équilibre entre l'alignement avec les clients et l'autonomie de l'équipe.


En parlant d'autonomie, cela m'amène, à mon sujet suivant, qui est l'autogestion des écosystèmes (équipes et organisations).


L'autogestion des écosystèmes


Pour parler autogestion, je vais m'inspirer des colonies de fourmis et d'abeilles, qui sont un bel exemple de ce type d'organisation et qui forment d'immenses colonies complexes dans lesquelles les individus fonctionnent de manière autonome tout en étant influencés par une reine (qui elle même est inspirée par ce qui se passe autour d'elle).


Mais comment arrivent-elles à faire cela ?

La reine est éloignée quelque part dans un endroit isolée pendant que ses sujets sont en train de vivre tous les défis de la vie, alors comment fait la reine pour les diriger ?


Les experts en biologie ont découvert que la reine recueille des informations auprès de ses sujets répartis sur plusieurs responsabilités (3 pour les fourmis et 7 pour les abeilles), ce qui lui permet de superviser l'ensemble de son écosystème (fourmilière ou ruche). Aussi, elle est capable d'influencer ses sujets en sécrétant des phéromones, essentiellement de simples messages chimiques. Les phéromones de la reine peuvent être considérées comme des règles simples et optimisées, qu'elle utilise pour susciter et orchestrer un comportement complexe chez les sujets.


Si nous observons l'écosystème dans son ensemble, et c'est là que cela devient intéressant, les fourmis ouvrières et les abeilles ne sont pas des simples robots ou exécutants "stupides", mais bien de véritables individus indépendants, capables de faire face de manière créative à toute situation dans laquelle ils se trouvent pour maintenir l'équilibre de leur écosystème.


Ainsi, dans mon analyse et celle des scientifiques, la reine fournit la vision claire et partagée dans l'optique que les sujets (fourmis ou abeilles) s'auto-gèrent pour la façonner dans le contexte propre à leur situation. Un principe simple permettant aux écosystèmes de se développer, se maintenir, se synchroniser voir même de se réparer.


Un fondement puissant pour rendre les organisations plus agiles n'est ce pas ? Tellement loin de notre héritage de production industriel axé sur la rationalisation des processus dont les tâches sont déjà divisées mais apparemment si … naturel.


"Le bonheur au travail c’est savoir pour quoi et pour qui on travaille. Et être libre du comment. " Jean-François Zobrist

Par retour d'expériences et vue de mon prisme, cet axe autour de l'autogestion représente l'énorme défi auquel nous sommes confrontés dans l'agilité par opposition au bon vieux "command and control". Idéalement, les responsables dans une organisation agile apportent une vision inspirante et engageante ainsi que quelques règles simples bien pensées, laissant le reste aux personnes impliquées dans le système. Cela devrait être normalement suffisant pour aboutir à cet équilibre subtil entre l'alignement et l'autonomie.


C'est ce que j'appelle la décentralisation des décisions que je vais expliciter dans le chapitre suivant.


La décentralisation des décisions


Copyright Ganapathy Kumar

Tout comme le réseau de bourgeons de l'arbre, il y un autre exemple de décentralisation des décisions, que nous prendrons, dans notre explication, comme modèle, et qui se trouve chez les Gelées de Mer (ou encore Méduses), dans lequel il y a un réseau de faisceaux nerveux coopératifs qui communiquent sans contrôleur principal. Pour résumé, une méduse n'a pas de cerveau central mais au lieu de cela, elle possède différentes parties qui sont dirigées par de petits cerveaux indépendants séparés.


Cela me rappelle tellement le type d'intelligence collective que nous essayons d'atteindre lorsque nous re-designons les organisations. En lien avec le précédent chapitre, cela me laisse à penser que si l'on renforce l'autogestion des équipes (et oui le boucle est bouclée), elles pourraient être capables de gérer bien plus qu'elles n'en n'ont la capacité.


Cela suggère également que nous poussons peut-être trop loin dans la "fameuse" mise à l'échelle d'une organisation. Peut-être que le principal défi de la mise à l'échelle n'est pas la mise à l'échelle elle-même, mais le fait que nous perdons de vue le problème que nous essayons de résoudre : la gestion (ça démarre de là ...) et surtout la réduction (... et cela devrait être un objectif à mon sens) des dépendances entre unités autogérées.


Ces pensées ne sont pas seulement une sorte d'utopie. Certaines organisations expérimentent déjà ce type de contrôle distribué.


Prenez Buurtzoorg, au Pays-Bas, par exemple. En 10 ans, il y a plus de 10 000 infirmières, dans 850 équipes dans les villes et villages de toute la Hollande. En 2016, Buurtzorg est également actif dans 24 pays. L'approche d'autonomisation de Buurtzorg pour les infirmières et les clients s'est avérée populaire. Les équipes autogérées (maximum 12 personnes et colocalisées) de Buurtzorg ont une liberté professionnelle avec des responsabilités et ont aussi l'esprit entrepreneurial, améliorant sans cesse l'organisation et les services. Pour exemple, toutes les innovations de #Buurtzorg proviennent d'une personne ou d'une équipe ayant une idée et la liberté d'essayer quelque chose de nouveau.


Aujourd'hui, les différents taux de satisfaction des clients sont les plus élevés de toutes les organisations de soins de santé au Pays bas, l'engagement et la satisfaction du personnel se reflètent dans le titre de meilleur employeur (4 fois sur les 5 dernières années), des économies financières impressionnantes ont été réalisées et une amélioration de la productivité sans perte de qualité (bien au contraire).


Si vous trouvez cet exemple inspirant et que vous souhaitez en savoir plus sur les organisations plus agiles ou ayant choisi de tendre vers plus de coopération et collaboration, je vous recommande vivement de lire Reinventing Organizations de Frédéric Laloux.


Conclusion


Dans cet article de blog, j'ai partagé mon point de vue sur les similitudes entre la Nature et L'Agilité. Bien que cela puisse paraitre utopiste, il est basé sur des expériences faites par le vivant. J'ai décrit des idées et des concepts que nous voyons tous les jours autour de nous.


De l'empirisme à l'autogestion en passant par la décentralisation des décisions, la nature nous montre différentes façons de nous organiser pour mieux gérer, de manière organique, la complexité sans contrôle.


Ce lâcher prise, fut le fil conducteur de mon article, et sera peut-être le principal défi culturel auquel vous êtes ou serez confrontés avec l'Agilité.


J'espère avoir éveillé et suscité votre intérêt autour de notre approche #Biomimagile qui explore les relations entre la science du vivant et l'agilité, dans une perspective #générative (avec l'appui de l'Appréciative Inquiry) et (éco)#systémique.



Intéressé à en savoir plus sur notre démarche Biomimagile et à découvrir notre Centre de Symbiose Mutualiste ? Consultez notre blog pour découvrir nos prochains Moments In-Terre-Dépendants (Mise en lumière des organismes vivants inspirants), nos réflexions Soyons-Vivant (Lien entre la nature, l'agilité et les organisations), notre Centre Symbiose Mutualiste (Regroupant nos Ateliers permettant la coévolution de vos organisations) et notre rubrique Parasitage Agile (Qui met en lumière les relations où un dysfonctionnement organisationnel impactant négativement l'agilité et/ou les organisations collaboratives).










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